L’ergonomie.

ERGONOMIE : DÉFINITION L’IEA (International Ergonomics Association) définit l’ergonomie (ou les facteurs humains) comme la discipline scientifique qui s’intéresse aux interactions entre les humains et les autres composantes d’un système, et comme la profession qui applique principes théoriques, données et méthodes en vue d’optimiser le bien-être des personnes et la performance globale des systèmes. Lors d’un traitement dentaire conventionnel, le chirurgien-dentiste se penche souvent au-dessus du patient afin de réaliser les soins le plus précisément possible. Mais cela provoque fréquemment une posture peu naturelle et nuisible qui impacte négativement la santé du praticien.

CE QU’UNE MAUVAISE POSTURE PEUT PROVOQUER
La nécessité de bien voir l’espace étroit et sombre de la cavité buccale peut pousser les professionnels de la santé bucco-dentaire à adopter, pendant le traitement, une posture peu naturelle susceptible de provoquer des désordres physiques graves et des microtraumatismes répétés. Le risque de développer des troubles musculosquelettiques est plus élevé lorsque l’on ignore les bons principes ergonomiques. Ignorer ces principes, c’est aussi courir le risque de compromettre son expertise technique durant les procédures de soins, ce qui peut aboutir à en limiter certaines ; parfois à écourter sa carrière professionnelle ; voire, dans le pire des cas, à y mettre fin par suite de blessures. L’enquête ci-dessous montre que les professionnels de la santé
bucco-dentaire se plaignent principalement de douleurs dans le cou et dans le bas du dos. Ces maux s’installent au fil des ans et s’aggravent lorsque la charge de travail est importante. Il a été noté par ailleurs que les femmes chirurgiens-dentistes semblent présenter une incidence plus élevée de douleurs dans la partie supérieure ducorps que leurs homologues masculins.

LA TÊTE
Elle doit être légèrement inclinée vers l’avant, alignée avec les
épaules. La ligne bipupillaire est alignée horizontalement avec une
inclinaison ne dépassant pas 15 à 20 degrés.
LE TORSE
L’axe longitudinal du torse est vertical. Il favorise la courbure
naturelle de la colonne vertébrale : lordose cervicale, cyphose
thoracique, lordose lombaire. Le dossier du siège peut être
positionné si nécessaire de façon à fournir un soutien lombaire.
LES BRAS, LES COUDES ET LES ÉPAULES
Les bras sont relâchés sur le côté sous l’effet de la force de gravité.
Les coudes ne ressortent pas et les avant-bras sont devant le corps.
Les épaules sont alignées avec les hanches.
LES POIGNETS
Ils sont maintenus dans une position neutre, droits.
LES BOUTS DES DOIGTS
Ils doivent être au niveau de la zone de soins, à une hauteur
confortable, et laisser parfaitement visible la procédure en cours.
LA POSITION ASSISE
L’assise est à la hauteur des genoux avec les hanches légèrement
surélevées. Le siège opérateur est légèrement incliné vers le bas.
LES PIEDS
Ils doivent être à plat sur le sol. Le bas des jambes doit rester vertical. Pensez à porter des chaussures et des vêtements confortables
qui permettent de bouger sans entrave.
POSITIONNEMENT DU RHÉOSTAT
Le rhéostat doit être positionné près de l’opérateur de façon que le
genou soit à un angle de 90 à 100 degrés. Placé en dehors de cette
zone, il oblige le chirurgien-dentiste à déporter son poids sur le
côté, ce qui occasionne des tensions asymétriques sur le dos et, par
suite, des douleurs lombaires. Pensez à alterner les côtés.

POSITION DU PATIENT
La position du patient doit être déterminée
en fonction de la posture naturelle du chirurgien-dentiste
et de son point de référence, ce qui permet au praticien de
travailler de façon optimale sans subir de préjudice physique.
Il est primordial de bouger tout au long de la journée :
Rester trop longtemps dans la même position peut
provoquer de la fatigue et augmenter le risque de
troubles musculosquelettiques.
Cas exceptionnels
Traitement des patients en position verticale
Il est parfois nécessaire d’installer les patients en position verticale, par exemple lors de procédures particulières ou lors de la prise en charge de personnes âgées ou de patients présentant des antécédents médicaux complexes (hypotension, vertige). Dans ce cas, le dossier du fauteuil doit être en position verticale afin de soutenir les lombaires du patient. Le praticien peut trouver plus confortable de travailler debout. Les patientes enceintes, susceptibles de souffrir d’hypotension et donc d’évanouissement, peuvent être encouragées à s’allonger sur le côté ou être traitées
dans une position plus à la verticale.

HARMONISATION DE LA POSTURE ET DE LA VISION
GROSSISSEMENT À L’AIDE DE LOUPES ET DU MICROSCOPE

  • Pour obtenir une meilleure vision, il est possible d’utiliser des loupes ou des microscopes.
  • Lors de l’utilisation de ces aides visuelles, le chirurgien-dentiste doit maintenir une distance optimale entre ses yeux et la bouche du patient afin de conserver une vision claire, nette et une posture idéale.

INSTRUMENTATION
PRÉPARATION ET PLACEMENT DES INSTRUMENTS
LORSQU’IL N’Y A PAS DE TRAVAIL À 4 MAINS
Le mouvement naturel de l’avant-bras est limité. Aussi, la
préparation et le placement stratégique des instruments
permettent-ils de soulager la charge physique du praticien et
d’améliorer sa concentration lors de l’exécution des soins.
Idéalement, le chirurgien-dentiste doit pouvoir attraper et reposer
les instruments de base – par ex. miroir, pinces, sonde et
excavateur – sans détourner le regard de la zone d’exécution.
Le principe de base consiste à dfférencier les étapes prévisibles
des étapes imprévisibles :

  • Les instruments et matériaux dont l’utilisation ou l’étape
    d’utilisation n’est pas certaine sont préparés du côté du
    chirurgien-dentiste.
  • Les instruments et matériaux dont le praticien aura
    nécessairement besoin sont préparés dans l’ordre chronologique
    de leur utilisation du côté de l’assistante.
    PRÉPARATION ET PLACEMENT DES INSTRUMENTS
    DANS LE CADRE D’UN TRAVAIL À 4 MAINS

    Recommandation:
    Placez à portée de main tous les éléments nécessaires pour le
    patient et la procédure avant l’arrivée du patient.

POSTURE DE L’ASSISTANTE DENTAIRE

Dans le travail à 4 mains, l’assistante joue un rôle primordial
pour assurer des procédures plus confortables, moins épuisantes,
stables, plus précises et plus efficaces.

PRINCIPES DE BASE POUR LES CHIRURGIENS-DENTISTES DROITIERS*

  1. L’assistante est assise à gauche, face au chirurgien-dentiste.
  2. La console de l’assistante se situe à sa droite.
  3. Le chirurgien-dentiste utilise la visualisation indirecte à l’aide d’un miroir dentaire afin d’frir à l’assistante une meilleure visualisation directe et de lui éviter une mauvaise posture.
    AVANTAGES:
  4. L’assistante n’interfère pas avec les mouvements du chirurgien-dentiste entre les positions 10h et 12h.
  5. Le champ opératoire est clairement visible.
  6. La main de l’assistante peut facilement atteindre la cavité buccale.
  7. Les instruments nécessaires peuvent facilement être tendus au chirurgien-dentiste.

Le meilleur siège est celui qui assure à
l’assistante une plus grande proximité et un
accès plus facile au patient.
L’assistante doit être assise sur un tabouret
de façon que ses yeux soient plus hauts de
15 à 20 cm que ceux du chirurgien-dentiste.
Le tabouret doit être équipé d’un
repose-pied pour permettre à l’assistante
de travailler tant en bouche qu’à l’extérieur
de la cavité buccale.
Cette position:

  • réduit la fatigue et les postures stressantes ;
  • stabilise la succion ;
  • permet à l’assistante de transférer correctement les instruments au chirurgien-dentiste
  • permet d’exercer une moindre pression
    sur les tissus mous du patient (lèvres et
    langue).

HARMONISATION DE LA POSTURE ET DE LA VISION

VISUALISATION DIRECTE ET INDIRECTE
Afin de maintenir une posture droite et équilibrée, il est nécessaire d’équilibrer
les visualisations directe et indirecte en utilisant le miroir dentaire.
Afin d’élargir le champ de vision sans compromettre sa posture, le chirurgien-dentiste doit demander au patient de placer sa tête sur le repose-tête, qui sera ajusté de manière à faciliter l’accès à la surface de travail. Le praticien peut demander au patient d’ouvrir plus grand
la bouche ou de la fermer légèrement lorsqu’il travaille sur la surface buccale